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De la Route du Littoral au Réunion Express : La Réunion change-t-elle de modèle ?

Alors que la Nouvelle Route du Littoral n’est toujours pas totalement achevée, La Réunion ouvre le débat sur un autre projet d’infrastructure majeur : un train de 140 kilomètres estimé entre 4 et 6 milliards d’euros.

De la Route du Littoral au Réunion Express : La Réunion change-t-elle de modèle ?
Illustration générée par IA

Alors que la Nouvelle Route du Littoral n’est toujours pas totalement achevée, La Réunion ouvre le débat sur un autre projet d’infrastructure majeur : un train de 140 kilomètres estimé entre 4 et 6 milliards d’euros. Deux projets très différents, mais une même question : comment veut-on se déplacer sur l’île dans les prochaines décennies

Pendant des années, la réponse aux difficultés de déplacement à La Réunion a principalement été routière.

Aujourd’hui, le paysage commence à changer.

La Nouvelle Route du Littoral poursuit son achèvement entre la Grande Chaloupe et La Possession. Dans le même temps, le débat public sur le Réunion Express, projet de train régional porté par la Région, vient officiellement de débuter.

Difficile de ne pas mettre les deux projets en perspective.

La NRL entre dans sa dernière ligne droite

La Nouvelle Route du Littoral est déjà devenue l’un des plus importants projets d’infrastructure de l’histoire récente de La Réunion.

Une première section de 9,6 kilomètres entre Saint-Denis et la Grande Chaloupe est aujourd’hui en service. Il reste à achever le raccordement vers La Possession et le tronçon final, notamment avec un nouveau viaduc maritime. La Région prévoit désormais une mise en service complète à l’horizon 2030.

Pour poursuivre les études et les travaux, la Commission permanente avait autorisé en février 2025 un programme de 846 millions d’euros. Ce montant constitue une autorisation budgétaire pour la poursuite du projet et ne doit pas être confondu avec une dépense effectuée en une seule fois.

À La Possession, les travaux de raccordement représentent à eux seuls 59 millions d’euros TTC. Ils doivent permettre d’intégrer progressivement la circulation à la nouvelle infrastructure.

Le chantier reste donc bien présent dans le quotidien des Réunionnais.

Mais pendant que La Réunion termine cette grande infrastructure routière, elle réfléchit déjà à la suivante.

140 kilomètres de rails de Saint-Benoît à Saint-Joseph

Depuis le 19 août 2026, le projet Réunion Express fait l’objet d’un débat public sous l’égide de la Commission nationale du débat public.

Sur le papier, le changement d’échelle est considérable.

Le projet prévoit une ligne ferroviaire d’environ 140 kilomètres, reliant Saint-Benoît à Saint-Joseph en passant par le Nord et l’Ouest.

Il est question de 25 stations desservant 16 villes, de trains pouvant circuler jusqu’à 110 km/h et d’un potentiel annoncé de 100 000 voyageurs par jour.

Le coût présenté à ce stade est compris entre 4 et 6 milliards d’euros.

Autrement dit, alors que le territoire n’a pas encore refermé le dossier de la NRL, il commence à discuter d’un projet potentiellement encore plus structurant.

De la route au rail

La comparaison ne doit pas être simplifiée.

La NRL et le Réunion Express ne répondent pas exactement au même besoin.

La Nouvelle Route du Littoral vise en premier lieu à sécuriser un axe stratégique entre le Nord et l’Ouest, exposé historiquement aux éboulements et aux fortes houles.

Le Réunion Express cherche, lui, à modifier plus profondément la manière dont les Réunionnais se déplacent quotidiennement.

Aujourd’hui, la voiture reste largement dominante sur l’île. Dans le document régional consacré aux transports en commun en site propre, la Région rappelle qu’elle représente environ 66 % des déplacements, contre seulement 7 % pour les transports collectifs selon les données de planification utilisées.

Le train pose donc une autre question.

Pas seulement : comment construire une nouvelle infrastructure ?

Mais plutôt : peut-on réellement réduire la dépendance des Réunionnais à la voiture ?

Une leçon à tirer de la Route du Littoral ?

C’est probablement là que la NRL et Réunion Express se rencontrent.

L’histoire de la Route du Littoral rappelle qu’un grand projet d’infrastructure ne se juge pas uniquement sur sa promesse initiale.

Il faut également regarder son coût, son calendrier, sa faisabilité technique, son financement et sa capacité à répondre durablement aux besoins du territoire.

Le projet Réunion Express en est encore précisément au moment où ces questions peuvent être posées.

Le débat public court du 19 août au 26 novembre 2026. Il doit permettre aux habitants de discuter de l’opportunité même du projet, de son tracé, de ses gares, de ses impacts et des alternatives possibles.

Il n’est donc pas question aujourd’hui d’un train déjà décidé et prêt à être construit.

C’est un projet soumis au débat.

La Réunion face à un choix de génération

La NRL a été pensée comme une réponse à une urgence : sécuriser une liaison vitale entre le Nord et l’Ouest.

Le Réunion Express porte une ambition différente : transformer les déplacements de toute l’île.

Le premier projet est encore en construction.

Le second commence seulement à être discuté.

Mais tous deux rappellent qu’une infrastructure de cette ampleur engage La Réunion pendant plusieurs décennies.

Au fond, le débat qui commence dépasse donc largement la question du train.

Après avoir énormément investi dans la route, La Réunion est-elle prête à faire du transport collectif la colonne vertébrale de ses déplacements de demain ?

C’est désormais aux Réunionnais de participer à la réponse.

Sources : Région Réunion, Commission nationale du débat public.

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